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En Bolivie, les enfants pourront travailler légalement dès l’âge de 10 ans


 

 

 

 

 

 

En Bolivie, la loi va autoriser le travail des enfants à partir de 10 ans, mais, dans la réalité, beaucoup sont exploités encore plus jeune.

Dix ans et déjà au travail… C’est la réalité de nombreux enfants boliviens et c’est en passe d’être fixé par la législation. Votée par le Parlement le 2 juillet et promulguée le 17 juillet par le gouvernement, une nouvelle loi autorise les enfants âgés de 10 à 12 ans à travailler à leur propre compte, s’ils sont encadrés par leur famille. La loi autorise aussi les enfants âgés de 12 à 14 ans à être employés par un tiers avec une durée de travail réduite de 8 à 6 heures par jour, et ce s’ils ont l’autorisation de leurs parents et des instances telles que la Défense de l’enfance. Pour les adolescents âgés de 14 à 18 ans, la nouvelle loi donne accès à tous les droits du travail, dont le salaire minimum qui s’élève à 207 dollars (150 euros environ). Maigre protection, le texte stipule, dans le cas des travailleurs âgés de 14 à 18 ans, qu’ils doivent bénéficier de deux heures rémunérées par jour pour qu’ils aillent étudier afin que le travail des enfants “ne nuise pas à leur droit à l’éducation”…

Le texte va à l’encontre de la Convention 138 de l’Organisation internationale du travail, signée par la Bolivie en 1997, qui fixe l’âge minimum de travail à 14 ans dans les pays en développement. Mais il va aussi à l’encontre de la loi nationale bolivienne qui depuis 2001 interdit le travail des moins de 14 ans ; une interdiction confirmée par la Constitution bolivienne mise en place en 2009 par l’actuel président Evo Morales. La nouvelle loi assouplit donc cette règle en accordant deux exceptions sous conditions.

Réalité

“Nous venons de promulguer une loi qui a été difficile à rédiger parce qu’il y avait un ensemble de conventions internationales que l’État a signées en faveur des droits des enfants, mais il existe une réalité bolivienne”, a justifié le vice-président Alvaro Garcia. La réalité dont parle le vice-président, c’est celle de la pauvreté à laquelle doivent faire face les familles. La Bolivie est le pays le plus pauvre d’Amérique latine, l’extrême pauvreté – c’est-à-dire les personnes qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour – touche 20 % de la population. Conséquence directe de cette misère : d’après les derniers chiffres publiés en 2012 par l’Unicef, 850 000 enfants âgés de 7 à 15 ans travaillent pour subvenir à leurs besoins et aider leur famille à s’en sortir.

La nouvelle loi précise néanmoins que les tâches dangereuses sont interdites aux moins de 14 ans et établit une liste d’emplois interdits, comme le travail dans les mines (près de 120 000 enfants y travailleraient), dans les champs de canne à sucre et dans les usines de brique. L’Union des enfants et adolescents travailleurs de Bolivie (Unatsbo), sorte de syndicat des travailleurs mineurs, a pu participer à la rédaction de la nouvelle législation. En décembre 2013, ces jeunes manifestaient pour la suppression de l’âge minimum d’admission au travail et pour le droit des enfants à bénéficier du salaire minimum et de toute la protection salariale. Ils ont donc obtenu gain de cause.

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