Elle piège un pédophile qui sévissait sur Facebook



Grâce à son acharnement et au bon travail des policiers, le présumé prédateur sexuel Martin Schanck, de Coteau-du-Lac, en Montérégie, se retrouve au banc des accusés.
L’homme qui était gérant d’une fruiterie a été accusé à la mi-mai. Il a été remis en liberté sous plusieurs conditions.
L’une de ses cinq présumées victimes s’appelle Bianca (nom fictif). Bianca a 12 ans et vient tout juste de terminer sa 6e année dans une école primaire de Salaberry-de-Valleyfield.
Horreur sur Facebook
Début mars, une certaine Sabrina Poirier l’aborde sur Facebook. Sabrina, qui dit avoir 14 ans, serait en réalité Martin Schanck, 24 ans.
Très rapidement, la conversation prend une tournure sexuelle: dans la messagerie privée, Sabrina Poirier envoie une photo d’un pénis en érection à la jeune victime alléguée, ajoutant qu’il s’agit des parties génitales de son ancien ami de coeur.
«Tu trouves pas [ça] degeu toi?», écrit la prétendue Sabrina, dans les extraits dont nous avons pu prendre connaissance.
«Mais serieux a tu trouver sa dgeu? (…) Okay mais ta pas aimer sa? Et moi jy ai deja toucher a son pénis», persiste-t-elle.
«Oui la si tes parent voit sa je veut pas avoir de probleme», finit-elle par ajouter.
Puis, toujours par le biais de son faux profil Facebook, Schanck envoie une vidéo d’un homme qui éjacule. Ce que le présumé pédophile ignore, c’est qu’il converse désormais avec la belle-mère de Bianca.
«Quand la petite est venue nous voir pour nous dire qu’une fille lui avait envoyé une photo de pénis en érection sur Facebook, on a tout de suite appelé la police, affirme la belle-mère de Bianca. En lisant la conversation depuis le début, j’ai tout de suite compris que Sabrina Poirier était en réalité un gars.»
«Tellement dégoûtant»
Les policiers de la Sûreté du Québec ont pris l’affaire au sérieux. Ils auraient d’ailleurs conseillé de poursuivre la conversation avec le présumé prédateur sexuel de manière à pouvoir le retracer et à étoffer la preuve contre lui.
«Ma première conversation avec lui a été très dure et très émotive. C’était tellement dégoûtant», confie la jeune femme.
Ses conversations sur Facebook avec l’accusé se sont poursuivies pendant quatre longues et pénibles semaines. «Dès qu’il était question d’un autre sujet, il (Schanck) revenait toujours au sujet qui l’intéressait: le pénis, raconte la belle-mère, encore troublée par cette expérience. Plus la conversation avançait, plus les questions étaient perverses.»
À un certain moment, le suspect devient encore plus insistant et demande des photos des parties génitales de l’enfant.
En plus d’être extrêmement troublantes, les séances de clavardage ont été très difficiles sur le plan émotif pour la belle-mère. «J’ai beaucoup pleuré», admet-elle.
«Mais je m’étais fixé un but et c’était de le trouver, affirme-t-elle. Pour moi, la sécurité de ma belle-fille était primordiale. Pendant ces quatre semaines, j’étais carrément devenue une enquêteure à temps plein.»
La jeune femme ignorait de quoi était capable le présumé cyberprédateur. «Qui me disait qu’il n’allait pas aller plus loin ? C’est un prédateur sexuel, mais jusqu’à quel point était-il prêt à aller ? Ça, je ne le savais pas et honnêtement, je n’avais aucunement envie de le savoir.»
Fin du cauchemar
L’histoire d’horreur a pris fin à la mi-mai. C’est le 14 mai que la belle-mère de Bianca a enfin reçu l’appel téléphonique qu’elle attendait tant. «La police a téléphoné pour dire qu’on l’avait arrêté et qu’il venait d’être accusé», raconte-t-elle avec le sourire dans la voix.
Sur son faux profil Facebook, l’accusé avait une quarantaine d’amies, toutes des jeunes filles allant à l’école primaire ou secondaire de Salaberry-de-Valleyfield.
«J’espère juste que notre histoire découragera ceux qui auraient envie de faire la même chose à d’autres petites filles», souhaite la belle-mère de Bianca.
Martin Schanck doit revenir en cour le 8 juillet pour la suite des procédures.
Il est accusé d’avoir rendu accessible à un enfant du matériel sexuellement explicite et d’avoir fait un arrangement avec une personne, par moyen de télécommunication, pour perpétrer une infraction de nature sexuelle contre un enfant.
S’il est trouvé coupable, l’accusé est passible d’une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement.

 

 

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