Mafia Mafia: Un des incendiaires du salon funéraire des Rizzuto se dit victime de menaces du clan mafieux


complexe funéraire Loreto

«C’est ben beau de dire que t’as changé, mais tu vas faire une erreur et tu vas aller en prison; c’est là qu’on va te pogner», aurait dit un interlocuteur anonyme à Alexandre Toualy, l’an passé.

Depuis, l’accusé de 30 ans dit vivre dans la crainte de représailles pour avoir lancé un cocktail Molotov dans le salon funéraire Loreto, en janvier 2011. Toualy et deux autres individus avaient été arrêtés peu après.

Toualy avait finalement plaidé coupable d’incendie criminel et de possession de matériel incendiaire. Il était en liberté sous caution, mais en novembre dernier, il s’était fait arrêter pour conduite avec facultés affaiblies. Et en fouillant son véhicule, les policiers avaient trouvé un couteau, alors qu’il lui était interdit d’en avoir en sa possession.

«Le couteau, je le gardais dans mon auto, car j’avais peur à cause des menaces », avait expliqué Toualy au juge Denis Mondor. Jusqu’à ce mercredi, le contenu de son témoignage était sous ordonnance de non-publication.

Car pendant six mois, Toualy assure que le clan Rizzuto l’a menacé en disant qu’ils «allaient [le] trouver».

«Je pense que c’est des sous-fifres qui essayent de se prouver dans le milieu criminel», avait dit Toualy, précisant spécifiquement que le nom des Rizzuto avait été mentionné lors d’appels anonymes.

Notons que les menaces alléguées auraient eu lieu avant que le parrain Vito Rizzuto ne décède, en décembre dernier, par suite de problèmes de santé.

Sa mère ciblée

Dans la même période où Toualy dit avoir été l’objet de menaces, sa mère a aussi été victime d’une tentative d’introduction par effraction par des individus jamais identifiés, avait raconté cette dernière lors de la même audience.

«Elle me demandait le jour où ça allait arriver», avait renchéri Toualy.

Selon leurs témoignages, des individus avaient défoncé une fenêtre, mais ils avaient pris la fuite avant que les policiers n’arrivent. Personne n’a jamais été arrêté, mais même la mère dit vivre dans la crainte.

«J’ai été effrayée, avait-elle témoigné. Depuis, je dors avec une barre à clou, mon cellulaire et mon chien.»

Écarts dans une «vie rangée»

Malgré ses déboires et sa plus récente arrestation qui lui a valu d’être renvoyé en prison, Toualy jure encore avoir changé. Il occupe un emploi stable de concierge et jure s’être éloigné du monde criminel.

Pourtant, les bris de conditions semblent indiquer le contraire, a noté ce mercredi la procureure à la Couronne, Me Véronique Beauchamp.

Outre la conduite avec facultés affaiblies pour laquelle il a plaidé coupable ce mercredi, Toualy avait aussi écopé de 60 jours de prison à Joliette, en décembre dernier, pour un bris de couvre-feu.

«Je ne pense pas qu’il est sincère envers la Cour, a plaidé la procureure. M. Toualy [ce qu’il dit], c’est de la poudre aux yeux».

La poursuite réclame une peine de trois ans de pénitencier pour l’incendie criminel du Loreto, tandis que la défense demande une peine à purger dans la collectivité.

Le juge Denis Mondor rendra sa sentence la semaine prochaine.

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