Une attaque de fourgon blindé déjouée à Montréal


Une des perquisitions, sur la rue Coleraine, dans... (PHOTO SYLVAIN RYAN, COLLABORATION SPÉCIALE)

À la résidence l’Éveil de Pointe-Saint-Charles, où il habitait, rue de Coleraine, tout le monde n’avait que de bons mots pour l’homme de 63 ans, samedi matin. «Ce n’était pas un sauvage, c’était un bon vivant, il s’entendait bien avec tout le monde. Il faisait son jogging tous les jours, même l’hiver, et il s’occupait constamment de sa mère, qui est placée dans un centre d’hébergement pas loin. C’est sûr que l’habit ne fait pas le moine, par exemple», a confié un voisin qui le fréquentait à l’occasion, sous couvert de l’anonymat.

«Il disait bonjour à tout le monde, il venait flatter le chien en faisant son jogging», a confié une autre résidente du coin.

Une balle dans la tête

Personne sur place ne semblait connaître le passé de Paquette. En 1988, alors qu’il sortait d’une caisse populaire de Saint-Henri avec fusil tronçonné et 20 000 $ dans un sac, un policier de Montréal lui avait tiré une balle dans la tête en tentant de l’arrêter. Il avait survécu, bien que les médecins se soient dit au départ incapables de lui retirer le projectile du crâne.

Dès 1981, il s’était fait connaître en ouvrant le feu sur deux clients d’un bar de LaSalle. Il possédait déjà à cette époque des antécédents de vol qualifié.

Paquette est revenu sur le radar de la police il y a environ quatre mois, selon nos informations. Les policiers des crimes majeurs avaient été avisés qu’une attaque d’un fourgon blindé bancaire était imminente.

L’agent Daniel Lacoursière, porte-parole du SPVM, a confirmé officiellement dimanche que l’enquête s’est conclue vendredi par l’arrestation de «trois suspects âgés de 62, 63 et 65 ans, tous des gens connus des policiers».

«Suite à ces arrestations, quatre perquisitions ont eu lieu, une à Repentigny et trois à Montréal, où a été découvert ce qui leur semblait être un engin explosif», affirme le porte-parole.

Des dizaines d’évacuations 

C’est samedi soir, vers 20h, en entrant chez Denis Paquette, que les policiers ont trouvé le colis suspect. Sa neutralisation aura pris près de dix heures.

Plusieurs dizaines de personnes ont dû être évacuées pour la nuit car les experts en explosifs de la police ont déterminé que l’engin présentait «un très haut niveau de danger». L’édifice, une ancienne école, abrite maintenant des logements et des locaux de groupes communautaires.

«C’était épeurant, ils nous ont fait tous rentrer dans nos maisons, pas le droit de sortir», raconte une dame qui habite juste en face de l’immeuble.

Les résidents du quartier ont pu entendre deux détonations contrôlées déclenchées par les experts de la police. À la deuxième explosion, vers 6 h ce matin, le colis a été complètement détruit. Les débris ont été envoyés en laboratoire pour analyser leur nature.

Denis Paquette et ses deux complices allégués devraient comparaître en cour demain pour faire face à une kyrielle d’accusations.

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