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Plainte contre l’ONU à New York, après l’épidémie de choléra en Haïti


The head of Nepal's mission in Haiti, Lt. Col. Krishna, second from left, and Prakash Neupane, deputy chief of the MINUSTAH engineering section, left, walks by pipes coming from latrines that lead to septic tanks that crosses a canal that leads to the Artibonite River at Nepal's U.N. base in Mirebalais, Haiti, Sunday Oct. 31, 2010. A cholera outbreak that has killed more than 300 people in Haiti matches strains commonly found in South Asia, the U.S. Centers for Disease Control and Prevention said Monday, intensifying the scrutiny of a U.N. base that is home to recently arrived Nepalese peacekeepers, built on a tributary to the Artibonite River. (AP Photo/Ramon Espinosa)

Trois ans après l’apparition du choléra en Haïti, des avocats de victimes ont porté plainte mercredi à New York contre l’ONU, affirmant que l’organisation internationale en était responsable et devait verser des compensations qui pourraient atteindre des millions de dollars.

Cette plainte en nom collectif, déposée devant le tribunal fédéral de Manhattan par cinq Haïtiens, entend représenter les plus de 670.000 personnes qui ont souffert de cette épidémie introduite par des Casques bleus népalais en octobre 2010, a expliqué lors d’une conférence de presse l’avocat Ira Kurzban, rappelant que plus de 8.300 personnes en étaient mortes.

“C’est la pire épidémie de choléra au monde”, a-t-il insisté, en soulignant qu’avant son apparition en octobre 2010, Haïti n’avait connu aucun cas de choléra en plus de 100 ans.

En dépit d’une douzaines d’études sur le sujet, dont une des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), l’ONU “n’a jamais reconnu sa responsabilité”, a regretté lors de cette conférence de presse l’avocate de l’Institut pour la justice et la démocratie en Haïti (IJDH), Beatrice Lindstrom, estimant que le recours à la justice était la seule solution.

La plainte rappelle que 1.075 Casques bleus népalais étaient arrivés entre le 9 et le 16 octobre 2010 en Haïti, dans le cadre d’une rotation de six mois de la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).

Ces soldats népalais avaient été entraînés dans les environs de la vallée de Katmandou, où sévissait une violente épidémie de choléra.

Les eaux usées et le mauvais état des installations sanitaires en Haïti –victime neuf mois plus tôt d’un grave tremblement de terre– , ont rapidement propagé la maladie via la rivière de la ville de Mirebelais dans le centre du pays, avec un premier mort le 14 octobre 2010 et 135 durant le premier mois.

La plainte, qui vise l’ONU, mais aussi son secrétaire général Ban Ki-Moon, la mission de stabilisation de l’ONU en Haiti (Minustah) et Edmond Mulet, son ancien secrétaire général adjoint, accuse l’ONU de “comportement négligent, dangereux, et tortueux”.

Elle ne précise pas de montant d’indemnités qui, selon Mme Lindstrom, devra être décidé par un jury populaire.

Mais lors de discussions précédentes avec l’ONU, l’IJDH, basée à Boston, avait avancé des chiffres de 100.000 dollars pour chaque mort, et 50.000 dollars pour chaque personne infectée, a reconnu mercredi l’avocate.

“Eliminer le choléra en Haïti prendra dix ans et coûtera 2,2 milliards de dollars”, a-t-elle également déclaré à l’AFP. L’ONU, selon elle, a alloué au problème seulement 1% de ce montant.

Les plaignants s’attendent à ce que l’ONU plaide l’immunité.

En février dernier, c’est sur cette base que l’organisation avait d’ailleurs répondu à une précédente demande de l’IJDH datant de novembre 2011.

Cette demande n’est “pas recevable au titre de la section 29 de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations unies” de 1946, avait indiqué le porte-parole de l’organisation, Martin Nesirky.

Pas de commentaire à l’ONU

Mercredi, l’ONU a précisé qu’elle restait sur cette position et s’est refusée à commenter le dépôt de la plainte.

Mais un porte-parole a souligné que l’ONU “s’efforce de faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider la population de Haïti à surmonter l’épidémie de choléra”.

“Nous pensons que nous allons gagner”, a affirmé de son côté Ira Kurzban.

“Ce sont des circonstances uniques, pour lesquelles l’ONU ne peut pas se cacher derrière le bouclier de l’immunité”, a-t-il ajouté, précisant qu’ils iraient en appel si le tribunal décidait de ne pas se saisir de la plainte.

Selon Mme Lindstrom, les faits sont établis, et la question est “de savoir comment l’ONU décidera d’y répondre. Nous espérons qu’elle décidera de reconnaître sa responsablité, et nous espérons que le tribunal (…) jugera la plainte recevable”, a-t-elle déclaré à l’AFP.

New York est la ville où se trouve le siège de l’ONU.

Selon la plainte, des cas de choléra ont été détectés depuis aux Etats-Unis, en Républicaine dominicaine et à Cuba.https://i2.wp.com/www.dadychery.org/wp-content/uploads/2012/06/Anti_Cholera_UN_protest.jpg

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