Haïti: des policiers en colère attaquent le QG de l’armée, un soldat tué


Haiti .. Carnaval 2020 Affrontement entre la Police et certain membres de l’armés d’Haiti

PORT-AU-PRINCE — Des policiers manifestant pour de meilleures conditions de travail ont attaqué dimanche le Quartier général de l’armée haïtienne à Port-au-Prince, faisant un mort parmi les militaires, selon un bilan fourni par le ministère de la Défense.

Un photographe de Ticket qui se trouve sur place a vu deux véhicules utilisés comme barricade pour obstruer la circulation au niveau du boulevard Carénage pour empêcher le passage du cortège carnavalesque. Des membres de la population manifestent dans les rues aux côtés de policiers en uniforme qui ont fait usage de leurs armes à feu pour tirer en l’air en égrenant les mêmes revendications qu’a Port-au-Prince : un syndicat au sein de la PNH et de meilleures conditions de travail.

Dimanche, premier jour gras, peu après trois heures de l’après-midi, des manifestants cherchaient le char de Sweet Micky pour l’incendier. Des chars allégoriques qui devaient prendre part au cortège carnavalesque du Cap-Haïtien ont été détruits.

Après un bal annulé vendredi soir, l’ex-président Michel Martelly avait fait une entrée triomphale la veille sous forte escorte policière. Il est au Cap-Haïtien pour participer au défilé carnavalesque. Dans la matinée de vendredi, le président Jovenel Moise s’était rendu au Cap-Haïtien pour une visite de quelques heures. Il avait lui aussi une forte escorte policière et avait parlé aux agents de l’ordre.

Ces dernières échauffourées interviennent après des manifestations lundi et mercredi derniers à Port-au-Prince pour supporter les revendications des policiers dont l’existence d’un syndicat au sein de la PNH. Comme lundi et mercredi, la manifestation de ce dimanche dans la capitale était annoncée mais aucune disposition particulière n’a été remarquée dans les rues de Port-au-Prince comme pour les deux premières.

Les échanges de tirs entre policiers ou partisans des policiers et militaires sont les premiers en Haïti depuis la création de la Police Nationale d’Haïti et le retour voulu par le président Jovenel Moïse des FADH.

Des manifestations violentes contre l’organisation du carnaval sont aussi des faits inédits dans les anales haïtiennes.

En dépit d’un climat social, économique et sécuritaire compliqué et les inquiétudes pour l’avenir du pays, moins de cinq jours après la mort de vingt personnes, dont des enfants dans l’incendie d’un orphelinat, le comité d’organisation du carnaval national avait choisi six villes pour organiser des festivités carnavalesques. Pour le moment seule la ville de Jacmel a tenu son carnaval le dimanche 16 février sans problème et est encore dans les rues ce 23 février 2020.

Ce n’est pas un concert de méringues carnavalesques qui résonne au Champ de Mars, ce dimanche 23 février, 1e jour gras. C’est un concert de tirs nourris qui déchirent l’air.

Tout a dégénéré quand plusieurs centaines de personnes, dont des motards, des policiers en uniformes et des individus encagoulés qui seraient proche du syndicat autoproclamé de la PNH, sont arrivées au cœur de la capitale haïtienne après avoir manifesté dans les rues de Port-au-Prince et de Delmas. Des coups de feu avaient été entendus dans le sillage de la manifestation. Des véhicules dont les clefs ont été saisies ont été remarqués.

Au niveau du Champ de Mars, les coups de feu ont redoublés. Les soldats des Forces armées qui montent la garde au grand quartier général des Forces Armées d’Haïti (FADH), où est érigé le seul stand pour le carnaval, ont contenu les manifestants. Pas question pour eux de laisser les partisans des policiers incendiés le stand érigé entre la cour de leur caserne et la Tour 2004. Résultat : quatre agents de la PNH ont été blessés par balles.

Pour le moment, deux civils et quatre policiers reçoivent des soins dans des hôpitaux de la région métropolitaine, selon un bilan provisoire.

Selon des témoins de la scène, la situation a dégénérée en un affrontement après que des policiers se réclamant du syndicat de la police nationale sont arrivés et ont tiré en en l’air. Les militaires ont d’abord riposté par des tirs de sommation. Sur place, d’autres témoins indiquent que ce sont les militaires qui assurent la sécurité du grand quartier des Forces Armées d’Haïti (FADH), paniqués, qui ont ouvert le feu les premiers.

Selon la version officielle des FADH, il n’y a pas eu d’affrontements.

« Le Secrétariat du Haut Commandement des Forces Armées d’Haïti porte à la connaissance du public en général et de la presse en particulier qu’il n’y a pas d’affrontements entre les forces de police et l’armée. Cependant, des individus encagoulés munis d’armes à feu se sont attaqués au Grand Quartier Général et ont tenté d’y mettre le feu. Les soldats en faction, dont l’un a été touché au dos par un projectile, ont dû tirer en l’air pour les faire évacuer ».

Dans cette note de presse diffusée dimanche après-midi, « le Haut Commandement des Forces Armées indique avoir fait appel à la police, chargée du maintien de l’ordre pour garantir la sécurité et la protection de toute la population ».

Pour le moment, il est difficile d’établir le récit exact des accrochages.

Dans la même journée de dimanche, le local de Radio Télévision Caraïbes a été attaqué, des véhicules incendiés, par des individus non identifiés. Ils ont lancé des pierres et cassé des fenêtres de la station. « Je n’ai pas le chiffres exact mais des véhicules garés devant la station ont été incendiés », a confié au journal le journaliste Michel Joseph, joint au téléphone.

Ces individus seraient entrés dans une colère noire à cause de l’utilisation par la station d’un drone pour couvrir les évènements survenus au Champs de Mars, a poursuivi Michel Joseph. Le drone en question était en position pour couvrir le défilé du carnaval en ce premier jour gras quand des échauffourées ont éclatées entre policiers et militaires au Champ de Mars. Le Radio télévision Caraïbes avait diffusé des images en direct.

Sur un live facebook, on peut voir deux véhicules incendiés. Le feu a été mis dans des objets entreposés sur un terrain attenant à la radio. La façade extérieure de la barrière est partiellement incendiée.

Alors que Port-au-Prince s’embrasait dans un affrontement armé inédit, la situation au Cap Haïtien, la deuxième ville du pays, s’est tendue également a quelques heures du lancement du carnaval qui devait marquer les 350 ans de la ville.

 

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