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« Ils arrivent ! Fuyez ! »


 La Presse au Sri Lanka

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Une fausse rumeur de complot diffusée en ligne. Dans un pays qui se relève d’une guerre civile, c’est bien suffisant pour mettre le feu aux poudres. Et pour transformer Facebook en arme dévastatrice.

 

Au Sri Lanka, tout a commencé avec une fausse nouvelle publiée le 25 février 2018 sur Facebook. La police, prétendait-on, avait saisi 23 000 « pilules stérilisantes », censées provoquer l’infertilité permanente chez les hommes, dans une pharmacie d’Ampara. Une troublante question accompagnait la photo de la prétendue saisie policière : « Qui veut stériliser les Cinghalais ? »

Pour des milliers d’utilisateurs de Facebook régulièrement exposés à ce genre de publications toxiques, la réponse était évidente : les musulmans.

Qu’importe si le complot était invraisemblable. La rumeur a grossi à la vitesse – exponentielle – des partages sur le réseau social.

Le lendemain, peu après 22 h 30, un serveur du Cassim s’est présenté en panique à la mosquée de la ville. Des clients cinghalais venaient de saccager le restaurant, convaincus d’avoir trouvé des traces de pilules stérilisantes dans leurs plats. Ils avaient mis le feu.

Ils étaient enragés.

Le gardien de la mosquée, Abdul Fareed Abdul Farhan, a offert une chambre au serveur affolé. Ce soir-là, une douzaine de voyageurs musulmans, de passage à Ampara, étaient hébergés à la mosquée. Ils se croyaient à l’abri. Ils avaient tort.

À 23 h 30, Abdul a reçu l’appel d’un ami : « Ils arrivent ! Fuyez ! »

Abdul n’a pas eu le temps de réveiller le vieil imam. Il était trop tard ; la foule en colère était déjà au bout de la rue.

Abdul et les autres se sont barricadés dans la mosquée, terrifiés. Les verrous n’ont pas résisté aux assauts des émeutiers. « Certains étaient armés de barres de fer. Celui qui m’a battu enseignait à l’école du coin », raconte Abdul. Pendant cinq heures, des hommes ont pillé, détruit, brûlé.

Au petit matin, la mosquée d’Ampara était dévastée.

Et ce n’était qu’un début.

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