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«Il s’agit d’un crime de guerre» la vérité ou non


Des volontaires expliquent à des étudiants de Damas comment réagir à une attaque à l’arme chimique.Une attaque au gaz sarin a bel et bien eu lieu en banlieue de Damas le 21 août : ce que tout le monde soupçonnait depuis un mois a été confirmé lundi par les experts de l’Organisation des Nations unies, qui ont enquêté sur place.

Ces atrocités ont-elles été commises par le régime au pouvoir, comme l’affirment avec force Washington, Paris et Londres, ou par ses adversaires ? Les enquêteurs de l’ONU n’avaient pas le mandat de trancher.

Ils ont déposé leur rapport, qu’on attendait avec impatience dans les chancelleries, au surlendemain d’un accord russo-américain sur la destruction de l’arsenal chimique syrien, pendant que les grandes puissances peinaient à transformer cette entente en une résolution du Conseil de sécurité.

C’est devant cette instance que le secrétaire général de l’organisation internationale, Ban Ki-moon, a présenté le document, dont la « conclusion est que des armes chimiques ont été utilisées lors du conflit en cours entre les parties en Syrie, de même que contre des civils, y compris des enfants, à une échelle relativement importante ».

« Il s’agit d’un crime de guerre », a déclaré à la presse le chef de l’ONU

Plus précisément, le rapport onusien fait état de « preuves flagrantes et convaincantes » que des roquettes contenant du sarin ont été utilisées le 21 août « dans les districts d’Ein Tarma, de Moadamiya et de Zalmalka [situés dans] le secteur Ghouta de Damas ».

Les inspecteurs de l’ONU ont examiné des échantillons de sang, d’urine et de cheveux ainsi que des fragments de roquettes. Selon M. Ban, les tests sur 85 % des échantillons de sang ont donné des résultats positifs.

Le rapport indique que les projectiles ont été tirés d’un endroit situé au « nord-ouest », ce qui pourrait accréditer la thèse, défendue par Washington, Paris, Londres et certaines ONG, d’un acte commis par le régime. Il ne donne pas le nombre de victimes, que le gouvernement américain estime à plus de 1400. Ban Ki-moon a noté que l’attaque chimique du 21 août en Syrie était la plus importante à survenir depuis celle que le régime de Saddam Hussein avait perpétrée contre sa population kurde à Halabja, en 1988

Une autre commission d’enquête onusienne, relevant du Conseil des droits de l’homme, continuera de se pencher sur 14 incidents au cours desquels des armes chimiques ont pu être utilisées en Syrie, a annoncé à Genève son président, Paulo Sérgio Pinheiro, précisant que les travaux déjà effectués ne permettent pas encore de déterminer quelles substances étaient en cause.

Des conséquences

Ban Ki-moon a réclamé que les responsables de l’attaque du 21 août « rendent des comptes » et a demandé au Conseil de sécurité de prévoir des « conséquences » dans « une résolution claire » si Damas ne respecte pas le plan de démantèlement de son arsenal chimique.

Le secrétaire d’État américain, John Kerry, a rencontré lundi ses homologues français, britannique, turc et saoudien pour les informer sur l’entente conclue en fin de semaine entre son pays et la Russie et sur le suivi à y apporter. Il a lui aussi évoqué les « conséquences » qu’il y aurait en cas de non-respect par Damas du plan de démantèlement.

La France, les États-Unis et le Royaume-Uni jugent « essentiel » de parvenir à une résolution « forte et contraignante » à l’ONU et d’obliger Damas à dresser l’inventaire de son arsenal chimique et à le faire vérifier jusqu’à son démantèlement d’ici la mi-2014, selon Paris.

Moscou et Washington avancent déjà des interprétations divergentes de leur accord de samedi. Pour le ministre des affaires étrangères russe, Sergeï Lavrov, le texte ne prévoit pas qu’une résolution de l’ONU mentionne le chapitre 7 de la charte des Nations unies, qui autorise le recours à la force en dernier ressort. De l’avis de John Kerry, au contraire, « l’accord engage totalement les États-Unis et la Russie à imposer des mesures sous le chapitre 7 en cas de non-application ».

Dans sa première réaction en personne à l’accord russo-américain, le président des États-Unis, Barack Obama, a estimé lundi que, si celui-ci est « correctement appliqué », il pourrait « mettre fin à la menace des armes chimiques non seulement pour les Syriens, mais pour le monde entier ».

« Le début du programme de destruction des stocks d’armes chimiques en Syrie devrait être une question de jours », a indiqué lundi à La Haye l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, qui veille à l’application de la Convention internationale sur les armes chimiques, que Damas veut désormais signer.

Sur le terrain, la Turquie a annoncé avoir abattu un hélicoptère militaire syrien qui avait violé son espace aérien.

 

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