Joyeuses fêtes de Noël et de Jour de l’An


Best of 2013 et Joyeuses Fêtes!

Noel en Haiti, il faut y être pour y croire!

 

enfants noel

Le mois de décembre est le plus beau de tous pour tout haitien, quoiqu’en puissent en penser certains. La Noel coincide avec les fêtes de fin d’année revêtent une importance capitale et particulière aux yeux du chrétien, du croyant du vaudouisant et même du mécréant.

Pour les réligieux et les croyants en général, la Noel et la fin d’année sont des occasions exceptionnelles pour rendre gloire à Dieu et le remercier.  Ainsi, cérémonies et messes d action de grâce sont légion en cette période.   Le vaudou religion pratiquée par plus de 80% de la population à défaut de dire 99% en raison de l’ambivalence culturelle qui prévaut dans le pays; considère également la Noel et les fêtes de fin d’année comme jours spéciaux.  Les vaudouisants célèbrent aussi la naissance du Christ.  Les cérémonies vaudouesques sont nombreuses, les HoumfÔ et Peristil sont ouverts à tous et les féticheurs s’en donnent à coeur joie, car c’est l’occasion ou jamais de se faire un peu d’argent ; tantôt en prédisant l’avenir aux gens trop crédules et en composant des « Beny Chans » ainsi appelés en Haiti.  La chance un facteur déterminant dans la destinée estime l’haitien. Ainsi, à cette période le malchanceux prend son « Beny Chans » rien de tel pour aborder la nouvelle année sous la protection des loas et garantir le voies du succès.

Si les fêtes de fin d’année donnent lieu à des rejouissances populaires, elles occasionnent en même temps des soucis dans ce secteur, car les loas attendent d’être nourris, c’est donc au prix de lourds sacrifices que les vaudouisants organisent des festins à l’intention de leurs loas protecteurs, une façon d’éviter leurs foudres selon la croyance populaire et s’assurer de leur aide. Si l’aspect religieux est très fort et présent dans les fêtes de fin d’année, qui s’étendent du 24 au 6 janvier, il en demeure pas moins vrai qu’elles conservent son cachet commercial, inhérent à tout pays. En Haiti, en dépit de la crise économique ; les fêtes de fin d’année constituent l’occasion rêvée pour tout commerçant quelque soit le secteur.  De la garde-robe aux meubles, le changement s’impose.

noel haiti

Aussi, sans distinction de classe, chaque groupe suivant ses moyens se livre à une véritable opération de nouveauté où peintures et objets décoratifs de toutes sortes y passent.  Dans les bidonvilles, la crasse accumulée est habilement recouverte d’une couche de peinture et on est heureux !  Boissons et nourritures de toutes sortes et recettes destinées aux grands y passent.  La radio et la Télévision diffusant de la musique de circonstance aux réveillons du 24 Décembre et du 31 Décembre imprègnent cet atmosphère  que seules les fêtes de fin d’année ont l’apanage.  Cette cacophonie jointe aux recettes culinaires épicées haitiennes et bavardages créent l’ambiance bon enfant qui y prévaut habituellement.

La soupe au giraumon le 1er janvier, jour de l’indépendance, les repas gargantua mjotés par chaque famille, au sein de chaque foyer, quitte à ne pas pouvoir se nourrir l’année entière viendront prolonger l’atmosphère de fête jusqu’au 6 janvier.  La fête de l’épiphanie, consacrée aux adultes qui entreprennent de faire peau neuve après que les touts-petits eussent été comblés par le père Noel.  Les fétards quant à eux en ont leur compte, et vont de bal en bal, les groupes musicaux font leur beurre let sont très sollicités, animant ça et là des soirées dansantes qui souvent se terminent très tard dans la nuit ou au petit matin.

Le climat d’insécurité sévissant dans le pays est reléqué en cette occasion au second plan.  Des activités mondaines à vous couper le souflle.  C’est une véritable fièvre qui s’empare de tout haitien riche ou pauvre, de l’homme d’affaires habitant les hauteurs de Port-au-Prince aux pauvres de Cité Soleil.  Les fêtes de fin d’année,  en Haiti il faut y être pour y croire !

Vito Rizzuto, le parrain de la mafia montréalaise est mort


Rizzuto

L’hôpital Sacré-Cœur ne fera aucun commentaire supplémentaire. L’homme s’est déplacé en ambulance à l’hôpital dans la nuit de samedi à dimanche, en compagnie de membres de sa famille. Selon certaines informations, il était confus et souffrait d’une forte fièvre à son arrivée.

Selon ce que le Journal a pu apprendre, il a été amené dans une salle de réanimation. Il a été victime d’un choc septique. Des séquelles ont été notées au niveau son coeur. Sa femme, son fils et sa soeur étaient présents à l’hôpital à ses côtés. Sa famille aurait demandé qu’on le réanime si son coeur devait arrêter de battre. L’état de santé de Vito Rizzuto s’est par la suite amélioré, au point où on aurait même songé à le transférer à son hôpital habituel. Mais l’homme de 67 ans est décédé dans les heures qui ont suivi.

À la résidence des Rizzuto, dans le quartier Sainte-Dorothée à Laval, tôt ce matin, des proches arrivaient. Le stationnement était rempli de luxueuses voitures. Aux fenêtres, tous les volets étaient fermés.

Son décès est survenu vers 4 h, lundi.

Né le 21 février 1946 à Cattolica Eraclea, en Sicile, l’homme a passé, plus tard dans sa vie, six ans en prison aux États-Unis après avoir été jugé pour gangstérisme et son implication dans trois meurtres. Il a été incarcéré à la prison de Florence, au Colorado.

M. Rizzuto avait été arrêté en 2004 à Montréal, et extradé aux États-Unis en 2006. Il avait plaidé coupable, devant un tribunal de New York, d’avoir joué un rôle dans l’élimination de trois membres de la branche new-yorkaise de la famille Bonnano, en 1981.

Il a été libéré en 2012 et est revenu au Québec. Depuis ce temps, il habitait à Laval et, selon plusieurs sources, il aurait repris ses activités criminelles.

Pendant qu’il était incarcéré, son fils Nick Jr s’est fait assassiner en 2009, et son père Nicolo a subi le même sort en novembre 2010.

Son autorité se ferait sentir jusqu’en Ontario, a souligné Rob Lamberti, journaliste du «Toronto Sun» qui couvre la mafia ontarienne depuis 30 ans, en entrevue au mois de mai dernier. D’après lui, Rizzuto était de retour au pouvoir.

Commission Charbonneau

Le nom de Vito Rizzuto a été fréquemment entendu à la commission Charbonneau. Plusieurs témoins ont expliqué de quelle manière le présumé parrain et d’autres acteurs du milieu de la mafia montréalaise ont manœuvré pour obtenir des commissions illicites sur les contrats de la construction au Québec.

L’expert international dans le domaine de la mafia, Antonio Nicaso, a souligné en juin dernier que la commission Charbonneau a fait davantage de tort aux affaires du parrain allégué de la mafia montréalaise que les meurtres de ses partenaires dans le crime.

«Vous ne pouvez pas survivre avec la drogue et l’extorsion, a expliqué M. Nicaso. Sans un réseau de connexions et d’amis, la mafia serait formée d’une bande de criminels sans avenir.»

Haïti et la République dominicaine reprennent le dialogue


Un communiqué de la présidence haïtienne a annoncé mardi soir que les présidents dominicain et haïtien se sont rencontrés au Venezuela, ont pu se parler et ont convenu de la mise sur pied « d’une commission mixte de haut niveau en vue de résoudre des problèmes d’intérêts communs

By EdoGmyblog (Edouard Gregory) Posted in Actualité

Bonne fête Andrews ( My son birthday) Je t’aime de PaPa


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À vos pelles


Denis Loiselle tentait hier de retrouver sa voiture... (Photo: David Boily, La Presse)

Le chargement de la neige a débuté hier soir dans la plupart des arrondissements de Montréal ainsi que sur l’ensemble des territoires de Laval et de Longueuil.

À Montréal, près de 3000 employés municipaux ont été mis à contribution hier soir afin de souffler et de transporter les 24 centimètres de neige qui sont tombés depuis mercredi matin. Des pancartes d’interdiction de stationner ont été fixées aux quatre coins de la ville. Du côté de Longueuil, 700 travailleurs ont entamé le même travail en fin d’après-midi.

«Le déblayage des rues s’est très bien passé mercredi», explique le directeur de l’unité propreté et déneigement à la Ville de Montréal, Yves Girard. «Le fait qu’il n’y ait pas eu de circonstances aggravantes comme la pluie verglaçante il y a quelques semaines a permis aux employés de faire leur travail rapidement et de façon impeccable. En conséquence, il n’y aura pas de délai pour la deuxième étape de l’opération déneigement, soit le chargement de la neige.»

Métro et autobus bondés

Alors que les 1200 tracteurs et véhicules de déneigement terminaient le déblayage et l’épandage d’abrasifs sur les rues et trottoirs tôt hier matin dans la métropole, des milliers d’usagers ont pris d’assaut les transports en commun.

«Il y a eu un accroissement significatif du nombre de passagers dans le métro, et ce, malgré le fait que les étudiants des cégeps et des universités n’ont pas encore repris les cours», note la porte-parole de la Société de transport de Montréal, Stéphanie Tremblay.

En raison des véhicules mal stationnés, les autobus ont accusé en moyenne cinq à dix minutes de retard en matinée, a ajouté la porte-parole.

Selon le chroniqueur circulation à la radio de Radio-Canada, Yves Désautels, les heures de pointe hier matin et hier soir se sont déroulées «de façon incroyable».

«Il n’y avait pas beaucoup de monde sur les routes. Le fait que plusieurs citoyens ont décidé de prendre les transports en commun a vraiment aidé les choses. De plus, le déneigement tant du côté de la Ville de Montréal que de celui de Transports Québec s’est fait très rapidement. Il y a bien eu quelques ralentissements à droite et à gauche, mais grosso modo, tout s’est incroyablement déroulé, tant sur les ponts que sur les grandes artères.»

L’opération de déneigement devrait être terminée lundi à Montréal, Longueuil et Laval.

D’ici là, faute de stationnement, les citoyens pourront profiter du soleil. Environnement Canada prévoit un dégagement et aucune précipitation au-dessus du territoire ce week-end.

Une attaque de fourgon blindé déjouée à Montréal


Une des perquisitions, sur la rue Coleraine, dans... (PHOTO SYLVAIN RYAN, COLLABORATION SPÉCIALE)

À la résidence l’Éveil de Pointe-Saint-Charles, où il habitait, rue de Coleraine, tout le monde n’avait que de bons mots pour l’homme de 63 ans, samedi matin. «Ce n’était pas un sauvage, c’était un bon vivant, il s’entendait bien avec tout le monde. Il faisait son jogging tous les jours, même l’hiver, et il s’occupait constamment de sa mère, qui est placée dans un centre d’hébergement pas loin. C’est sûr que l’habit ne fait pas le moine, par exemple», a confié un voisin qui le fréquentait à l’occasion, sous couvert de l’anonymat.

«Il disait bonjour à tout le monde, il venait flatter le chien en faisant son jogging», a confié une autre résidente du coin.

Une balle dans la tête

Personne sur place ne semblait connaître le passé de Paquette. En 1988, alors qu’il sortait d’une caisse populaire de Saint-Henri avec fusil tronçonné et 20 000 $ dans un sac, un policier de Montréal lui avait tiré une balle dans la tête en tentant de l’arrêter. Il avait survécu, bien que les médecins se soient dit au départ incapables de lui retirer le projectile du crâne.

Dès 1981, il s’était fait connaître en ouvrant le feu sur deux clients d’un bar de LaSalle. Il possédait déjà à cette époque des antécédents de vol qualifié.

Paquette est revenu sur le radar de la police il y a environ quatre mois, selon nos informations. Les policiers des crimes majeurs avaient été avisés qu’une attaque d’un fourgon blindé bancaire était imminente.

L’agent Daniel Lacoursière, porte-parole du SPVM, a confirmé officiellement dimanche que l’enquête s’est conclue vendredi par l’arrestation de «trois suspects âgés de 62, 63 et 65 ans, tous des gens connus des policiers».

«Suite à ces arrestations, quatre perquisitions ont eu lieu, une à Repentigny et trois à Montréal, où a été découvert ce qui leur semblait être un engin explosif», affirme le porte-parole.

Des dizaines d’évacuations 

C’est samedi soir, vers 20h, en entrant chez Denis Paquette, que les policiers ont trouvé le colis suspect. Sa neutralisation aura pris près de dix heures.

Plusieurs dizaines de personnes ont dû être évacuées pour la nuit car les experts en explosifs de la police ont déterminé que l’engin présentait «un très haut niveau de danger». L’édifice, une ancienne école, abrite maintenant des logements et des locaux de groupes communautaires.

«C’était épeurant, ils nous ont fait tous rentrer dans nos maisons, pas le droit de sortir», raconte une dame qui habite juste en face de l’immeuble.

Les résidents du quartier ont pu entendre deux détonations contrôlées déclenchées par les experts de la police. À la deuxième explosion, vers 6 h ce matin, le colis a été complètement détruit. Les débris ont été envoyés en laboratoire pour analyser leur nature.

Denis Paquette et ses deux complices allégués devraient comparaître en cour demain pour faire face à une kyrielle d’accusations.

Val-David: le conjoint de la victime refusait de l’amener à l’hôpital


Silvana Uribe Giraldo... (PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK)

C’est ce qu’a relaté à La Presse la thérapeute en «théta-healing» qui se trouvait au domicile du couple lorsque Silvana Uribe Giraldo a disparu dans un boisé tout près de la maison.

Mélanie, dont nous taisons le nom de famille, a indiqué avoir tenté d’appliquer ses méthodes sur Mme Uribe Giraldo à la demande du conjoint de celle-ci, dans la cinquantaine. Il trouvait que son amie de coeur n’allait pas bien depuis quelques semaines. La séance «était imposé par son conjoint», a-t-elle dit en entrevue.

Après 20 minutes de tentatives restées vaines, Mélanie aurait dit au conjoint de la jeune femme qu’elle semblait souffrir d’une psychose. Elle lui aurait même relaté l’histoire d’une de ses connaissances qui a souffert du même problème et qui a failli se suicider.

«Il m’a clairement expliqué comment elle était depuis quelques semaines. Ça faisait des semaines qu’elle déplaçait les objets dans la maison et qu’elle faisait des trucs bizarres, a-t-elle dit en entrevue. Je lui ai dit que ça ressemblait à une psychose. […] Je lui ai dit que c’était très grave une psychose.»

Malgré ce signal d’alarme, le conjoint de la jeune femme «semblait vraiment vouloir la traiter plus avec la naturopathie, plus avec la médication naturelle», a relaté la thérapeute.

Il lui a dit «que lui, jamais il n’irait à l’hôpital» avec sa jeune conjointe, a relaté la thérapeute.

Le corps nu a été retrouvé après une nuit glacée, sans marques de violence apparentes.

La Presse a tenté à plusieurs reprises de rejoindre le conjoint de Mme Uribe Giraldo, dont nous taisons le nom. Au moment de mettre en ligne, il n’avait pas rappelé.

Sur sa page Facebook, on peut lire: «Je fais partie d’une secte dont je suis le seul adepte et le guru en même temps.»

GSP était près du burn-out


GSP

MONTRÉAL – Georges St-Pierre aurait pu être victime d’un épuisement professionnel s’il avait continué de s’entraîner au même rythme effréné que celui des dernières années.

Selon son entraîneur Firas Zahabi, le champion des mi-moyens de l’UFC avait besoin d’une pause après son combat contre Johny Hendricks, car il était au bout du rouleau.

«On a décidé qu’assez c’était assez, a déclaré Zahabi lors d’une longue entrevue avec le Journal de Montréal. On l’a placé devant un choix et il a compris que le mental avait une limite.

«S’il avait poursuivi dans la même veine, il aurait pu subir une blessure ou il aurait pu faire un burn-out

Il faut comprendre que St-Pierre était au gymnase quotidiennement depuis plusieurs années. Le mot congé n’a jamais fait partie de son vocabulaire.

«Après chaque combat de championnat, il était de retour au gym dès le lundi suivant et il prenait très peu de temps de répit, a raconté Zahabi. À un certain moment, tout doit ralentir et tu ne peux pas toujours rouler à 100 miles à l’heure.»

Au cours des derniers mois, celui qui dirige plusieurs autres combattants de l’UFC croit que le temps a rattrapé son poulain.

«Après plusieurs années de compétition de haut niveau et de camps d’entraînement successifs, je pense qu’il avait perdu un peu de son enthousiasme.»

Cependant, il faut préciser que cette fatigue n’a rien à voir avec les problèmes personnels dont St-Pierre faisait mention après le gala UFC 167.

 

Pas encore de décision

Après sa pause d’une durée indéterminée, St-Pierre s’assoira avec son entraîneur du Tristar Gym et ses autres collaborateurs afin de discuter de son avenir.
Pour le moment, le champion n’a pas encore pris de décision et sa réflexion se poursuit.

«On verra s’il a la motivation de revenir ou s’il voudra se trouver une nouvelle passion. C’est lui qui décidera, a souligné Zahabi.

Celui-ci veut que son combattant prenne tout le temps nécessaire pour se faire une idée.

«Tu ne peux pas prendre une bonne décision rapidement, car tu as besoin de temps pour stabiliser tes émotions», a précisé Zahabi en ajoutant qu’il ne poussera pas dans le dos de son athlète.

Depuis son retour de Las Vegas, St-Pierre a retrouvé une vie normale avec des heures de sommeil régulières.
«Il va très bien et je ne l’ai pas vu aussi heureux depuis longtemps, a confirmé Zahabi. Il a beaucoup moins de stress sur les épaules et il est calme.

«De plus, il n’a pas besoin de penser à son prochain combat ou de reprendre l’entraînement pour le moment.»

 

Appel de White

Après la dernière victoire de St-Pierre, on se souvient que le président de l’UFC, Dana White, avait critiqué sévèrement la décision des juges de la Commission athlétique du Nevada.

Zahabi a confirmé que White avait contacté le champion dès le lendemain du combat pour clarifier ses déclarations incendiaires de la veille.

«Il lui a mentionné que le duel était plus serré que dans ses souvenirs, a-t-il affirmé. Pour ma part, je n’ai pas compris sa réaction d’après-combat quand il disait que l’affrontement avait été à sens unique.

«C’était un combat serré et les statistiques l’ont bien démontré.»

GSP doit laisser sa ceinture, croit Hendricks


GSPGeorges St-Pierre doit laisser tomber sa ceinture, d’après Johny Hendricks, qui a subi un revers par décision partagée contre le Québécois, le 16 novembre dernier.
C’est du moins ce qu’il a clamé sur les ondes de la station américaine AXS Television.

Durant une entrevue, l’Américain a affirmé n’avoir aucune sympathie à l’égard des problèmes personnels de son plus récent adversaire.

«Tout le monde a des ennuis. C’est ça, la vie, a commencé par dire Hendricks, vendredi. S’il n’est pas capable de supporter la pression d’être champion, qu’il laisse son titre. On a choisi cette vie. On a choisi de ne pas dormir. Motive-toi de la façon qu’il faut et remonte dans l’octogone avec moi.»

Après sa victoire controversée à l’UFC 167, St-Pierre avait affirmé avoir besoin d’une pause.

«Plein de choses arrivent dans ma vie présentement, a lancé GSP tout de suite après le combat. J’ai besoin d’accrocher mes gants pour un moment, c’est tout ce que je peux dire.»

Quatre jours après le combat, le titulaire de la ceinture des poids mi-moyens s’était fait rassurant. Il avait publié une photo de lui sur la plage, visiblement d’agréable humeur.

Nelson Mandela est mort


Nelson Mandela, en 2007.

Il disait qu’il n’était « ni un saint ni un prophète ». Il déplorait qu’on le présente comme « une sorte de demi-dieu ». Il insistait sur ses « erreurs », ses« insuffisances », ses « impatiences ». Jusqu’au bout, tandis qu’on le fêtait à travers le monde, tandis que les Etats et les puissants lui tressaient des lauriers, lui dressaient des statues, lui décernaient des palmes et des récompenses, tandis qu’un peu partout on donnait son nom à des milliers d’écoles, d’universités, de rues, de places, de parcs et d’institutions diverses, jusqu’au bout il s’est voulu « un homme comme les autres, un pécheur qui essaie de s’améliorer ».

Nelson Mandela est mort à l’âge de 95 ans à son domicile de Johannesburg, a annoncé dans la soirée du jeudi 5 décembre le président sud-africain Jacob Zuma, en direct à la télévision publique. « Notre cher Madiba aura des funérailles d’Etat », a-t-il ajouté, annonçant que les drapeaux seraient en berne à partir de vendredi et jusqu’aux obsèques.

On l’a comparé, et on l’identifiera plus encore maintenant qu’il est mort, au Mahatma Gandhi, au dalaï lama, à Martin Luther King. Même charisme, même volonté farouche. L’histoire tranchera. Bill Clinton voyait en lui « le triomphe de l’esprit humain, le symbole de la grandeur d’âme née dans l’adversité ». Il est plus probable que Nelson Rolihlahla Mandela restera, pour l’Afrique, ce qu’Abraham Lincoln fut pour l’Amérique du Nord, ou Simon Bolivar pour celle du Sud : un libérateur.

Il aimait les jolies femmes, les beaux costumes, les chemises bariolées, la boxe, la musique et la danse. Divorcé deux fois, il a fait cinq enfants à deux épouses successives avant de finir sa vie avec une troisième. Il lui est arrivé de mentir, demanipuler des interlocuteurs, de pactiser avec des gens peu recommandables, de se laisser emporter par la colère, de se montrer injuste, indifférent ou dictatorial avec des proches, des collègues, voire avec ses enfants.

ÉLEVÉ POUR RÉGNER ET COMMANDER

Ce n’était ni un messager de Dieu ni un ange descendu du ciel. Pas même un pacifiste. C’était un humain, issu de la noblesse d’Afrique, un fils de chef, né dans l’orbite des étoiles, élevé pour régner et commander. Mandela était un géant comme il en éclot moins d’un par siècle sur la planète. Il faudrait une bibliothèque entière pour restituer l’œuvre du personnage. Et des centaines d’ouvrages ont déjà été écrits à travers le monde sur le destin et la pensée de ce charismatique et énigmatique vieux sage.

Aujourd’hui, on s’interroge sur l’avenir de l’Afrique du Sud, et sur la pérennité de l’héritage démocratique qu’il a laissé. Certains radicaux se demandent si « Madiba » – comme il aimait à être nommé parce que c’était le nom de son clan tribal et qu’il n’avait « jamais su » pourquoi sa première institutrice, une missionnaire britannique, lui avait attribué d’autorité le nom de Nelson à l’âge de 9 ans, alors que son vrai prénom était Rolihlahla – ne s’est pas trompé.

 

En 2001, lors d'une visite du président cubain Fidel Castro, à Johannesburg.

 

Au vu des fortes inégalités et des injustices qui perdurent dans la République « arc-en-ciel », le plus souvent au profit de la minorité blanche, certains avancent que Mandela a trop cédé à cette dernière, lui a trop pardonné. Qu’il eût peut-être mieux valu une vraie révolution accompagnée d’une véritable redistribution des richesses, des droits et des privilèges au profit de la majorité noire.

En clair, ils reprochent au « fauteur de troubles » – traduction approximative de“Rolihlahla” en langue xhosa – de s’être montré trop clément avec la minorité blanche, d’avoir assuré une transition démocratique en douceur, d’avoir instauré la règle du « un homme, une voix » et d’être ainsi devenu, le plus équitablement du monde et avec le minimum de troubles et d’affrontements possibles, le premier président noir élu par tout le peuple d’Afrique du Sud. En d’autres termes, on lui reproche ce qui restera à jamais dans l’histoire comme sa plus grande œuvre :avoir évité à son pays sans doute la plus sanglante des guerres civiles d’Afrique.

« UN IDÉAL POUR LEQUEL JE SUIS PRÊT À MOURIR »

Dès avant sa libération, le 11 février 1990, après vingt-sept années d’enfermement, cet homme d’exception était déjà un exemple pour tous les opprimés de la terre, une légende, un mythe quasi universel. Cinq phrases, prononcées en conclusion d’une plaidoirie de quatre heures à son propre procèsle 20 avril 1964, lui avaient ouvert à jamais le cœur des hommes.

Ce texte, qui fit le tour du monde avant que le gouvernement minoritaire blanc de l’apartheid interdise sa diffusion et bannisse pendant trois décennies jusqu’au nom et aux traits du célèbre prisonnier de Robben Island, le voici : « J’ai dédié ma vie à la lutte pour le peuple africain. J’ai combattu la domination blanche et j’ai combattu la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société démocratique et libre dans laquelle tous vivraient ensemble, dans l’harmonie, avec d’égales opportunités. C’est un idéal que j’espère atteindre et pour lequel j’espère vivre. Mais, si besoin est, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Six semaines plus tard, le 11 juin 1964, Nelson Mandela, qui était en prison depuis déjà deux ans, échappait de justesse à la peine de mort et était condamné, avec huit de ses camarades de combat, à la prison à vie pour « haute trahison et tentative de renversement par la force du gouvernement » blanc.

Au cas où la potence aurait été, comme pour tant d’autres, au bout du chemin, Mandela avait préparé pour la postérité une autre petite phrase retrouvée plus tard dans ses notes de cellule : « Je veux que tous ici sachent que je vais à la rencontre de mon destin comme un homme. » Ce courage, ce panache devant une mort si injuste, ne venaient évidemment pas de nulle part. Ces qualités autant que la vision du prisonnier politique le plus célébré de l’univers accompagnèrent toute la longue vie de l’« Africain capital », comme on allait plus tard le célébrer.

LE PÈRE, CHEF DU CLAN MADIBA, BANNI DE SA TERRE

Rolihlahla Mandela naît le 18 juillet 1918 dans une hutte circulaire du village de Mvezo, dans le district d’Umtata. Peu après sa naissance, le père, chef du clan Madiba et membre de la dynastie des Thembu, qui régnait depuis des siècles sur la région du Transkei, est banni de sa terre par l’autorité coloniale blanche au motif qu’il n’était pas assez coopératif. Roi des Thembu, l’une des grandes tribus de la nation Xhosa, seconde en nombre dans le pays derrière les Zoulous, l’arrière-grand-père de Rolihlahla, mort en 1832, avait un fils appelé Mandela, source, plus tard, du patronyme familial.

Déporté dans un autre village proche, nommé Qunu – la hutte familiale existe toujours et Mandela président s’y fera construire une autre maison –, le chef destitué des Madiba, ses quatre épouses et ses treize enfants vivent chichement, mais avec dignité. Les Thembu reconnaissent son rang et, lorsque le père meurt de tuberculose, Rolihlahla, alors âgé de 9 ans, est pris en charge par le régent de la tribu. Il deviendra le premier de sa famille à aller en classe, dans une mission méthodiste.

Président, Mandela ira souvent se ressourcer dans son village, auprès de son clan. Dans ses Mémoires, il évoque « l’enfance heureuse » qu’il y mena au milieu des vaches qu’il avait à garder. « Je me souviens avoir écouté les anciens de ma tribu raconter les histoires d’autrefois, le bonheur d’autrefois et puis les guerres livrées par nos ancêtres pour défendre notre patrie » contre le colonisateur. Madiba est « fier » de ses racines tribales.

A l’ouverture de son ultime procès, le 9 octobre 1963, il se présente drapé dans un kaross, la cape traditionnelle en peau de léopard des dignitaires xhosa. « J’ai choisi de revêtir ce costume pour souligner le symbolisme de l’Africain noir dans un tribunal exclusivement blanc », explique-t-il. Mandela « le grand communicateur », qui fera si souvent merveille plus tard, qui saura, d’instinct,utiliser l’image et les médias pour avancer sa grande cause de la réconciliation entre les races, perce déjà sous le militant.
Il est conscient de son rang « jusqu’à l’arrogance », diront certains de ses amis.

 

Nelson Mandela, en 2007.

 

« On peut tout m’imposer, mais détruire ma dignité, jamais ! » Toujours poli etcourtois avec ses gardiens afrikaners, à Robben Island comme dans la prison Pollsmoor où il sera transféré en 1982, il exige et obtient, malgré les mauvais traitements que tous les détenus ont à endurer, d’être traité avec respect. A la fin des années 1990, il sera l’un des rares chefs d’Etat du monde à donner du« chère Elizabeth » à la reine d’Angleterre…

« L’UNIVERSITÉ ROBBEN ISLAND »

A « l’école des Blancs », le jeune Rolihlahla, excellent élève, a appris leur histoire, leur culture. Il adore Haendel, Tchaïkovski, adule Shakespeare. Adulte, il étudiera Clausewitz et Che Guevara. En prison, il parfait ses connaissances en droit, obtient deux diplômes d’études supérieures par correspondance, partage ses acquis avec ses codétenus – au point que la plupart évoqueront en souriant « l’université Robben Island » qu’il a mise en place sur l’île forteresse.

En prison, il apprend la langue afrikaans, étudie l’histoire et la littérature de « l’ennemi », invite ses camarades à faire de même, « parce qu’un jour, dit-il, il faudra que tous les peuples de notre pays, Afrikaners compris, se comprennent pour vivre ensemble ». La vision est déjà là, solide. « La souffrance peutengendrer l’amertume ou ennoblir, explique Mgr Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix 1984, chef de l’Eglise anglicane sud-africaine et militant infatigable de la lutte antiapartheid. Madiba a développé une générosité, une magnanimité hors du commun. »

La personnalité africaine de Mandela n’y est pas pour rien. Adolescent, il a découvert, auprès du régent des Thembu, la philosophie centrale de la culture xhosa – et de tous les peuples bantous auxquels appartiennent aussi les Zoulous et d’autres peuples noirs : l’ubuntu, une fraternité, une manière de vivre ensemble. Fondé sur un sentiment d’appartenance à une humanité plus vaste, le concept contraint ses adeptes à respecter autrui, à faire preuve de compassion, de compréhension. Il s’oppose à l’égoïsme et à l’individualisme, réputés « valeurs blanches ».

Dans le manifeste que Mandela contribue à rédiger dès 1944 pour la création de la Ligue des jeunes de l’ANC, le Congrès national africain, qui existe alors depuis trente-deux ans mais ne se faisait guère entendre, l’ubuntu, qui interprète l’univers comme un tout organique en chemin vers l’harmonie, est déjà présent. L’idée fera sa route dans d’autres documents politiques de l’ANC et jusque dans la nouvelle constitution de la nation « arc-en-ciel » de 1996.

Les Afrikaners, qui ont institutionnalisé le développement séparé – apartheid – en 1948, qui ont créé les bantoustans, régions autonomes réservées aux Noirs, privés des droits les plus élémentaires, mais ont aussi tué, torturé et emprisonné des milliers de gens parce qu’ils se rebellaient contre cet ordre inique, doivent-ils à l’Ubuntu d’avoir échappé aux massacres postapartheid ? Sans doute en partie.

PAS UN PACIFISTE

Car l’homme qui, après sa libération, poussera l’exemple du pardon jusqu’àserrer la main du procureur afrikaner qui voulait le pendre en 1964, qui rendra visite à la veuve du Dr Verwoerd, l’architecte historique de l’apartheid, le président qui mettra en place à travers le pays, et contre l’avis de ses camarades de combat, ces commissions Vérité et réconciliation, où les leaders, les serviteurs civils, policiers et militaires de l’apartheid, viendront confesser leurs crimes etdemander pardon, cet homme-là, on l’a dit, n’était pas un pacifiste.

 

Nelson Mandela, premier président noir sud-africain, aurait fêté ses 95 ans le 18 juillet 2013.

 

Il ne le niera pas devant ses juges, c’est lui qui, après le massacre de Sharpeville, au cours duquel la police blanche abat plus de soixante-sept Noirs dans une manifestation en mars 1960, plaide au sein de l’ANC pour mettre un terme à la stratégie de non-violence, qui n’avait abouti, en un demi-siècle de pratique, à aucun résultat ; lui qui allait créer et diriger, à partir de juin 1961, l’Umkhonto we Sizwe, la « Lance de la nation », branche armée du mouvement. En juin 1962, après une tournée clandestine dans une douzaine de pays d’Afrique, dont l’Algérie, il est en Ethiopie.

Il endosse la tenue camouflée des guérilleros, apprend le maniement des explosifs et du pistolet-mitrailleur. Il explique que, dans les luttes pour la justice« c’est toujours l’oppresseur qui détermine les méthodes d’action » « S’il use de la force brute contre les aspirations populaires légitimes, s’il refuse tout dialogue significatif et de bonne foi, la meilleure méthode en toutes circonstances, parce que les conflits sont toujours mieux résolus par le cerveau que par le sang, alors les opprimés n’ont d’autre choix que de recourir eux aussi à la force. »

Arrêté dès son retour clandestin d’Ethiopie sur dénonciation d’un agent de la CIA infiltré dans l’ANC, l’homme que la presse blanche avait surnommé « le mouton noir » pour sa capacité à échapper, par des déguisements divers, à toutes les polices qui le poursuivaient depuis des mois déjà, parce que, en tant que haut dirigeant de l’ANC, il avait organisé des grèves et des campagnes de désobéissance civile à fort retentissement, Madiba entre en prison le 5 août 1962, condamné à cinq ans pour ces faits. Et pour avoir quitté le pays clandestinement.

MANDELA REFUSE LA LIBÉRATION CONTRE SON RETRAIT POLITIQUE

Dix-huit ans plus tard, alors qu’il quitte enfin l’« île du diable » pour Pollsmoor, près du Cap, le pouvoir blanc commence à mesurer l’aura particulière de son prisonnier. En février 1985, le président P.W. Botha lui offre la libération en échange de son retrait politique et d’un appel public à la cessation des violences. Mandela refuse. Une fois, dix fois, le pouvoir essaie de le tenter.

Il n’ignore pas, grâce aux rares lettres que le détenu est autorisé à écrire à sa famille – une seule tous les six mois pendant huit ans –, combien Madiba souffre de la séparation d’avec sa jeune et belle épouse, Winnie, ses deux premiers fils, leurs deux filles qu’il ne verra pas grandir. Il sait combien Mandela a souffert de ne pas avoir été autorisé à assister aux funérailles de sa mère, morte d’épuisement en 1968, puis de son fils aîné, son favori sans doute, tué dans un accident de voiture l’année suivante. Mais, rien à faire, à chaque fois, le reclus de Pollsmoor rejette les offres conditionnelles d’élargissement.

En novembre 1985, alors qu’il entre dans sa vingt-troisième année de détention, lepouvoir blanc, qui commence à vaciller, veut ouvrir des négociations directes avec lui. Tenace, il refuse encore : « Seuls les hommes libres peuvent négocier », dit-il.Dialoguer avec les geôliers, voire avec les ministres blancs qui défilent maintenant dans sa cellule, oui. Sauver le régime par quelques réformettes et concessions à la majorité noire, non.

La situation internationale aidant, la montée de l’opprobre mondial et des sanctions internationales contre le pouvoir blanc bouleverse l’équilibre des forces. Ce sont maintenant Mandela et les siens qui fixent leurs conditions à une éventuelle sortie de prison. L’ANC et ses alliés communistes et syndicalistes doivent être légalisés à nouveau. Tous les prisonniers politiques doivent être libérés, les bantoustans créés pour diviser les Noirs et réserver les richesses aux Blancs, démantelés, la règle démocratique, « un homme, une voix », acceptée.

Quatre ans plus tard, virtuellement aux abois, le gouvernement de Frederik De Klerk accepte tout. La suite est universellement connue. Le 11 février 1990, à 16 heures, Nelson Rolihlahla Mandela, en costume gris, se dirige vers la grille de sa dernière prison. La cérémonie est retransmise en mondovision.

PERSONNE OU PRESQUE NE L’AVAIT REVU

Chacun retient son souffle. Il y a plus d’un quart de siècle que personne ou presque ne l’a revu. Pas même en photo. Le héros quadragénaire “posterisé” autour du monde a maintenant 73 ans. Les années de travaux forcés dans lescarrières de chaux ont brûlé ses yeux, il ne peut plus pleurer. On craint d’apercevoir un frêle vieillard, voûté, abîmé, malade peut-être. Et c’est un miracle. Il se tient, grave, droit comme un I, prenant son épouse, Winnie, par la main. “Il était la personnification de l’avenir”, s’ébaudit Nadine Gordimer, écrivaine sud-africaine, Prix Nobel de littérature en 1991.

 

Nelson Mandela à sa sortie de prison, le 11 février 1990.

 

« On avait peur qu’il ne soit pas à la hauteur de son mythe, Dieu merci, ces craintes étaient infondées », s’exclame Mgr Tutu. Son premier discours d’homme libre, au Cap, est à la hauteur de l’événement. « Je me tiens ici devant vous, non comme un prophète, mais en humble serviteur (…). Mes dix mille jours d’emprisonnement sont enfin derrière moi (…). Je place les années de vie qui me restent entre vos mains. » La foule exulte. Partout dans le monde, les opprimés communient. Lui a le sentiment de marcher vers une nouvelle vie. Elle sera compliquée. Le pouvoir est en vue, pas encore entre ses mains.

Il y a des émeutes sanglantes entre les Zoulous et l’ANC, des assassinats et des règlements de comptes par milliers, une tentative meurtrière de coup d’Etat de l’extrême droite afrikaner. Il est sur tous les fronts. Tour à tour, il cajole, condamne, menace. Il s’affirme comme le chef d’Etat qu’il n’est pas encore. Et il finit partriompher.

PREMIER PRÉSIDENT SUD-AFRICAIN ÉLU DÉMOCRATIQUEMENT

Le 10 mai 1994, après quatre longues et difficiles années de négociations pied à pied avec la minorité blanche, de plaidoiries enflammées autour du monde, l’icône prête serment : il est le premier président de la République sud-africaine élu démocratiquement. Son parti a obtenu 62,6 % des voix.

« Jamais, plus jamais, ce beau pays ne vivra l’oppression des uns par les autres,lance-t-il. L’humanité ne connaîtra pas plus grand accomplissement. Que règne la liberté ! » L’homme a rejoint sa légende.

Chef de l’Etat, il donne les grandes orientations, multiplie les gestes symboliques de réconciliation. En prison déjà, « le pardon était une stratégie de survie pour lui », écrit Bill Clinton, président des Etats-Unis de 1993 à 2001. Pour le reste, il laisse son premier ministre, Thabo Mbeki, gérer le pays, plonger les mains dans le cambouis, changer les lois, passer les compromis nécessaires à la paix civile, bref, gouverner.

Madiba a prévenu qu’en raison de son grand âge et de sa soif de découvrir ce monde de jumbo-jets, de satellites et d’ordinateurs qu’il n’a pas connus, il ne ferait qu’un seul mandat. En mai 1999, il se retire de la scène politique. Trois ans plus tôt, évoquant « l’immense solitude » qui fut la sienne après sa libération aux côtés de Winnie, laquelle a multiplié les frasques et encouragé l’extrémisme, il a demandé le divorce. Fin 1993, déjà séparé d’elle, il est tombé amoureux pour la dernière fois de sa vie.

 

Nelson Mandela aux côtés de Graça Machel, son ultime amour.

 

Douce, intelligente, pleine de compassion, Graça Machel a vingt-sept ans de moins que lui. Elle est veuve du président du Mozambique, Samora Machel, disparu en 1986. Il est, dit-il, « très attiré par cette remarquable femme ». Elle l’aime aussi, ils sont vus partout ensemble, main dans la main. Le 18 juillet 1998, pour le 80e anniversaire du grand homme, Graça dit enfin oui. L’heure du départ approche.

Après 1999, peu à peu, Madiba se retire des affaires du monde, il ne commente plus les affaires politiques. Sauf exception, comme en 2003, lorsque George W. Bush, « un président qui ne sait pas réfléchir », lance l’attaque sur l’Irak. On sait que les déboires de son successeur, Thabo Mbeki, éjecté du pouvoir par ses rivaux de l’ANC, le « désespèrent ».

Mais, discipliné jusqu’au bout, il ne dit mot. Et soutient, en 2009, la candidature à la présidence d’un ex-compagnon de prison, Jacob Zuma. Il honorera encore de sa présence quelques galas de charité pour les fondations – en faveur de l’enfance surtout – qu’il patronne, participe aux campagnes internationales de lutte contre lesida et, en juillet 2010, assiste au match de clôture de la Coupe du monde defootball, qui s’est tenue en Afrique du Sud.

Au crépuscule de sa longue vie, Madiba le magicien partageait son temps entre Johannesburg et le Mozambique, coulant ses derniers jours dans la paix et le silence. Auprès de Graça, son ultime amour.

By EdoGmyblog (Edouard Gregory) Posted in Actualité